Intervenir dans un établissement médico-social ajoute aux obligations classiques d’une entreprise un ensemble de règles propres au lieu et au public. Les connaître avant le premier rendez-vous évite d’être écarté d’emblée.
Les qualifications professionnelles
La coiffure est une activité réglementée : son exercice suppose un CAP, et la direction de l’activité un brevet professionnel ou un titre équivalent. L’esthétique obéit à une logique comparable.
Ces diplômes s’appliquent quel que soit le lieu d’exercice. Un établissement demandera systématiquement les justificatifs des intervenants, y compris des remplaçants.
L’assurance et la régularité administrative
- Responsabilité civile professionnelle couvrant l’intervention chez des tiers vulnérables, en établissement.
- Extrait Kbis à jour.
- Attestation de vigilance URSSAF, régulièrement redemandée par les établissements et systématiquement dans les marchés publics.
L’hygiène et la prévention du risque infectieux
C’est le volet le plus scruté par le cadre de santé. Il couvre :
- La désinfection du matériel entre chaque résident, avec un protocole écrit.
- L’hygiène des mains et le respect des points de friction hydroalcoolique.
- La gestion du linge et des déchets selon les circuits de l’établissement.
- La conduite à tenir en période d’épisode infectieux : suspension, report, adaptation des interventions.
Le protocole du prestataire doit s’articuler avec celui de l’établissement, qui reste la référence sur son site.
La frontière avec le soin
Une règle simple et non négociable : un coiffeur ou une esthéticienne n’effectue pas d’acte de soin. Pas de coupe d’ongles sur un pied à risque, pas d’intervention sur une lésion cutanée, pas de manipulation d’un dispositif médical, pas de mobilisation d’un résident sans l’aide d’un soignant.
Le rôle du prestataire est aussi de signaler ce qu’il observe à l’équipe : une rougeur, une plaie, un changement de comportement. Cette remontée fait partie de ce que les établissements attendent.
Le consentement et la dignité de la personne
Le résident consent à la prestation. Ce consentement se vérifie à chaque intervention, y compris auprès d’une personne désorientée, et il peut être retiré à tout moment. L’intimité doit être préservée lors d’une intervention en chambre : porte fermée, présence des seules personnes nécessaires.
Les données personnelles
Tenir un suivi de prestations par résident implique un traitement de données personnelles, soumis au RGPD : finalité définie, durée de conservation limitée, accès restreint, information des personnes. Aucune donnée de santé ne doit être collectée : elle ne relève pas du prestataire.
La contractualisation
La relation se formalise par une convention écrite précisant l’objet, les jours d’intervention, les locaux mis à disposition, les modalités de facturation, les obligations d’hygiène, les assurances et les conditions de rupture.
Voir aussi le référencement des prestataires en EHPAD et le nombre d’EHPAD en France.
Questions fréquentes
Faut-il un diplôme pour coiffer en EHPAD ?
Oui. La coiffure est une activité réglementée : un CAP est requis pour l’exercice et un brevet professionnel ou titre équivalent pour diriger l’activité, quel que soit le lieu.
Un coiffeur peut-il couper les ongles d’un résident ?
Les soins des pieds à risque relèvent du pédicure-podologue, profession de santé réglementée. Le prestataire de confort ne doit pas franchir cette frontière.
Quelle assurance faut-il ?
Une responsabilité civile professionnelle couvrant l’intervention en établissement auprès de personnes vulnérables. L’attestation est demandée avant toute convention.
Que faire en cas d’épisode infectieux dans l’établissement ?
Appliquer le protocole de l’établissement, qui prime : suspension, report ou adaptation des interventions selon les consignes du cadre de santé.
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