Devenir coiffeur en EHPAD suppose le même diplôme qu’en salon, mais un exercice différent. Formation complémentaire, choix du statut, organisation des journées : voici ce que recouvre concrètement ce métier.
La formation nécessaire
Le CAP coiffure reste la base réglementaire : il est obligatoire pour exercer, en établissement comme en salon. Le brevet professionnel est nécessaire si vous souhaitez diriger une entreprise de coiffure.
La formation initiale n’aborde toutefois presque pas les spécificités du grand âge. La spécialisation porte sur les cheveux fins, blancs ou fragilisés par des traitements, les cuirs chevelus sensibles, le travail sur une personne assise ou alitée, et l’approche des personnes présentant des troubles cognitifs. Elle s’acquiert par une formation en socio-coiffure ou par la formation interne d’un réseau spécialisé.
Quel statut choisir
Trois voies existent :
- Salarié de l’établissement. Rare : peu d’EHPAD emploient directement un coiffeur, le volume ne justifiant pas un poste à temps plein.
- Indépendant. Le cas le plus courant : entreprise individuelle, micro-entreprise ou société, avec des conventions passées établissement par établissement.
- Franchisé d’un réseau. Statut indépendant, mais avec la marque, la formation, les protocoles et l’accès aux groupes d’établissements.
Le choix dépend surtout de votre capacité à démarcher seul les établissements et à assurer la continuité du service.
À quoi ressemble une journée
Une journée type se déroule dans un ou deux établissements. L’intervenante arrive avec son matériel, s’installe dans le salon de l’établissement quand il en existe un, sinon en salle commune ou en chambre.
Les rendez-vous s’enchaînent selon un planning établi avec l’équipe, en tenant compte des horaires de soins et de repas. Chaque prestation commence par un échange : état du cheveu, souhaits, éventuelles précautions. Certaines personnes descendent au salon, d’autres sont coiffées dans leur chambre.
Le rythme est plus lent qu’en salon, et c’est voulu. Une coupe peut prendre le temps qu’il faut, parce que le moment compte autant que le résultat.
Les compétences qui font la différence
- La patience et l’écoute. Beaucoup de résidents parlent peu dans la journée ; le rendez-vous est un moment d’échange.
- L’adaptabilité. Une personne fatiguée ou agitée peut nécessiter de reporter ou d’écourter.
- La rigueur. Hygiène en collectivité, matériel désinfecté, traçabilité.
- La coordination. Travailler avec les soignants, pas à côté d’eux.
Un métier qui recrute
Avec 7 400 EHPAD et 573 100 résidents (DREES, enquête EHPA 2023), le besoin est constant. La DREES estime par ailleurs les besoins du soutien à l’autonomie à 150 000 à 200 000 emplois supplémentaires d’ici 2050. Le métier reste pourtant peu pourvu, faute d’être connu. Voir aussi notre guide sur la franchise coiffure senior.
Questions fréquentes
Quel diplôme faut-il pour coiffer en EHPAD ?
Le CAP coiffure est obligatoire. Le brevet professionnel est requis pour diriger une entreprise de coiffure. Une spécialisation aux publics âgés est vivement conseillée mais n’est pas un diplôme réglementaire.
Peut-on devenir coiffeur en EHPAD en reconversion ?
Oui, en passant d’abord le CAP coiffure, accessible en formation continue ou en candidat libre. Beaucoup de professionnels du secteur viennent d’une reconversion.
Travaille-t-on seul ou avec l’équipe soignante ?
En autonomie sur la prestation, mais en coordination avec l’équipe pour le planning, l’accès aux chambres et les précautions particulières, notamment en unité protégée.
Combien d’établissements peut-on couvrir ?
Cela dépend de la taille des établissements et de la fréquence des passages. L’organisation type consiste à consacrer un jour fixe par établissement, ce qui permet d’en couvrir plusieurs par semaine.
Vous voulez exercer ce métier avec une formation, du matériel et des établissements déjà référencés ?
